Le dernier Opus du Tandem Andrew Lau/Alain Mark,responsable de l'immense succés d'Infernal Affairs,est l adaptation d'une série mangas déjà déclinée en séries animés et jeux vidéos ultra populaire en Asie,Initial D de Shuichi Shigeno.Amateurs de Tuning et de courses automobiles la connaissent très certainement mieux qu moi.Cette version cinéma,qui devrait un temps être réaliser par Tsui Hark
Initial-D de Andrew Lau & Alan Mak - 2005 - HK - Courses underground Avec Jay Chou, Shawn Yue, Edison Chen, Anthony Wong, Jordan Chan, Chapman To ...
Résumé L'histoire de Takumi, le fils d'un livreur de tofu, qui va rencontrer sur le mont Akima, des pilotes de GT. A bord de son AE86, il va se confronter à leurs talents dans de furieuses courses.
Adaption cinéma de l'anime à succès du même nom, distribue én France chez l'éditeur Kaze, Initial-D se veut comme une réponse Hong Kongaise aux films à succès américains de type Fast and Furious. Signé par Andrew Lau et Alan Mak, déjà à l'origine de la trilogie à succès que l'on ne présente plus, Infernal Affairs, le film se dote, à première vue, d'atouts pour exploser la concurrence. Pourtant, cette adaptation se révèle truffée d'éléments inconsistants et stéréotypés qui ne font que tirer le film vers le bas.. .
Takumi (Jay Chou) est un timide garçon qui s'occupe des livraisons de tofu sur le mont Akima depuis l'âge de douze ans. Son père (Anthony Wong), ancien pilote qui s'est retiré du monde de la course, l'a depuis entraîné à enchaîner des records de temps durant ses livraisons, ce qui a permis à Takumi une gestion des épingles des plus performantes. Mais celui ci ne s'intéresse finalement que très peu à cette adrénaline et s'exécute plus par obéissance envers son père que par réelle volonté. Lors d'une de ses livraisons, il va croiser la route d'une GT conduite par un passionné du volant (Shawn Yue) et va battre celui ci le plus simplement du monde ; dès lors son AE86, voiture de livraison kittée par son père, va être l'objet de convoitise, et les défis de professionnels et autres amateurs surdoués vont commencer à faire surface .
Un scénario qui fait donc la part belle aux courses, et qui devrait ravir les mordus de vitesse et de belles bécanes. Andrew Lau possède un savoir faire indéniable dans la mise en scène, et les duels sont empreints d'une belle énergie, les concurrents alimentant la pression pour une victoire qui se voudra certainement technique, le circuit étant jonché d'épingles. En effet, contrairement à un Fast and Furious ou même à un The Legend of Speed, Initial-D met davantage l'accent sur le coté technique de la conduite que sur du tuning et de la course de vitesse en ligne droite. Un bon point.
Pour autant, si le film possède intrinsèquement une qualité certaine (les courses étant le corps du long métrage), il se voit plombé par absolument tout ce qui s'annexe autour de ces courses. Difficile de rattraper quoique ce soit, tellement la médiocrité est de mise, et pourtant on tenait là un casting et une équipe de réalisation capable de grandes choses. Et en effet, quel casting de choc! Andrew Lau s'est entouré des nouveaux talents de HK, surfant finalement sur sa vague Infernal Affairs, en réemployant aussi bien Anthony Wong que Edison Chen, Shawn Yue ou Chapman To! Une équipe qui a fait ses preuves certes mais utilisés ici à contre courant et de façon bien trop superficielle malheureusement...
Anthony Wong, en père alcoolique est convaincant mais n'éblouit pas (le rôle type où il excelle reste définitivement celui du flic tempéré à la Colour of the Truth, Infernal Affairs...), Edison Chen est d'une platitude rare, presque transparent, Shawn Yue a du style et un personnage intéressant mais complètement inexploité et Chapman To vient jouer le pote sympa mais idiot, et nous ressort un rôle habituel et sans relief... et Jay Chou alors, me direz vous ?
Véritable poseur professionnel (normal, c'est un habitué des clips), il est en revanche d'une médiocrité des plus affligeantes dès lors qu'il ne conduit pas son AE86, la scène où il s'étouffe frôlant le ridicule... Un casting jeune et à la mode donc pour un film qui sait s'adresser à son public.
En dehors de l'inexploitation totale ou inadaptée des personnages et des comédiens, Initial-D c'est aussi l'audace du réalisateur à vouloir nous faire participer à une histoire sentimentale nullement impliquante aussi bien pour le spectateur que pour le comédien, et d'essayer d'arracher une larme en répétant en flashback une seule et unique scène où les deux tourtereaux se sont parlés... bref c'est stéréotypé au possible et tendrait presque à rendre la romance de Kung Fu Hustle réussie!
De la même manière, si la romance ne prend pas, il en est de même pour l'humour, signé en totalité par Chapman To que l'on a déjà vu plus inspiré ; hormis une scène ou deux qui vous décrochera un sourire, le reste est clairement téléphoné et sans originalité.
Aussi, Initial-D parvient à un paradoxe étonnant : celui de n'être qu'un film très moyen, et pourtant, faute de concurrence, il parvient à s'imposer comme le meilleur film de courses de voiture à l'heure actuelle. Nouveau succès pour Andrew Lau donc, dont on espère que le prochain film s'éloignera de l'intérêt zéro, cinématographiquement parlant, de cette dernière réalisation.